la Croix
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16 OCT 08
Quotidien Paris
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PORTRAIT
Elle se bat pour les droits des femmes migrantes au Liban
Najla Chahda Directrice du centre des migrants et réfugiés de la Caritas Liban
À l'occasion de la 2e Journée européenne de lutte contre la traite des êtres humains, le réseau Coatnet des organisations chrétiennes organise un colloque à Paris. Najla Chahda est un petit bout de femme de 46 ans. Chrétienne maronite, mariée à un orthodoxe et mère de deux grands enfants (26 et 23 ans), cette Libanaise est directrice du centre des migrants et réfugiés de la Caritas Liban. Originaire du Chouf, elle-même a été victime de la guerre et a dû fuir sa région, avant de s'installer à Beyrouth. La question des migrations forcées, elle la connaît donc bien. Cette femme tenace n'a de cesse d'améliorer
ses compétences depuis quinze ans. Elle passe actuellement un MBA en management des entreprises pour perfectionner ses connaissances, car elle dirige une centaine de personnes, contre trois en 1994. C'est cette année-là qu'elle a pris à bras-le-corps la question des migrants, notamment des femmes, parfois des jeunes filles, venues au Liban comme employées domestiques. Originaires du Sri Lanka, d'Inde, du Népal, du Bangladesh... Elles seraient environ 150000. La plupart sont originaires du Sri Lanka, d'Inde, du Népal, du Bangladesh, ou encore des Philippines. Elles ont été recrutées dans leur pays par une agence à laquelle elles ont versé parfois jusqu'à l'équivalent de 1500 €. À l'aéroport, le visa qu'elles montrent fait figurer le nom de l'employeur et elles doivent attendre patiemment sa venue. Ce dernier leur confisque ensuite leur passeport, en toute illégalité, mais selon une règle officieuse et tacite bien établie, sans que personne n'y trouve à redire. «Les Libanais ont pris cette habitude, car ils ont peur que leurs employées ne les quittent alors qu'ils ont eux-mêmes payé jusqu'à 2 000 € pour les recruter», explique Najla. De fait, certaines employées, lorsqu'elles sont mal payées ou pas payées du tout, essaient de s'enfuir pour travailler au noir pour 4 € de l'heure. Ce qui les met doublement dans l'illégalité et les rend encore plus vulnérables à toutes formes d'abus. Pour Najla, le défi est aujourd'hui d'inciter le gouvernement à signer la convention des Nations unies de 1990 sur la protection des droits des travailleurs migrants et de leur famille.
CATHERINE REBUFFEL
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