Je m’appelle Aneesa et je viens des Philippines.
Le 6 juillet 2006, je suis arrivée au Liban pour travailler chez une famille libanaise. Durant les deux premières semaines, mes employeurs me traitaient très bien mais lorsque la guerre avec Israël s’est déclenchée, je leur ai demandé de me laisser rentrer dans mon pays. Le beau-frère m’emmena à l’agence ; mes employeurs étaient à l’hôpital en ce moment. Deux jours après, l’employeur vint à l’agence ; j’avais très peur et je voulais quitter le pays. Il a refusé et m’a giflée à trois reprises. Il me prit chez son frère où nous restâmes presque un mois.
Avant qu’il ne quitte pour Dubaï, l’employeur m’a giflé encore une fois et il m’a même touchée pour s’assurer si j’étais toujours vierge. Je l’ai supplié de ne pas le faire mais il semblait si fort et j’avais peur.
Quand il rentra de Dubaï, il me frappa sans aucune raison. Le mois de Novembre fut atroce car la « Madame » et son mari me battaient :
- Le « Monsieur » a mis le fer à repasser sur mon bras gauche disant que je ne faisais pas bien le repassage
- Il me demanda une fois de me déshabiller et me poussa dans la salle de bain où il me laissa sous une eau glacée puis une eau bouillante coulant sur ma tête, mon front et mon dos. Il me sortit de la salle et me lança dans le salon où il m’écrasa les orteils de son pied. Ensuite, il me laissa sur le balcon, toute nue, frissonnant de froid ; je les ai suppliés d’avoir pitié de moi…
- M. et Mme m’ont aussi puni et j’ai dû m’agenouiller sur le paillasson avec les mains derrières la tête de 1h jusqu’à 5 heures du matin. L’air conditionné était si fort et j’étais toute nue.
- Avant que le mari ne quitte pour Dubaï vers le début de Décembre, il me frappa sur la poitrine et me donna un coup de pied.
- Mes employeurs voulaient me renvoyer à l’agence. En route, ils m’ont obligée à boire du vin. Quand je fus arrivée, j’avais le vertige et je n’arrivais pas à rester debout. L’agent me donna un truc à manger et me demanda de rester au lit. Je rentrai avec la famille et je fus battue encore une fois avec des fourchettes et un rouleau à pâtisserie. Le M. a tenté même de m’étrangler.
- Heureusement, l’agent a contacté Caritas Centre des Migrants qui a informé le procureur général ; Mme fut convoquée à des investigations.
- L’équipe de Caritas m’a soutenue et j’ai porté plainte contre mes employeurs. Je fus admise à l’hôpital pour 15 jours où je fus traitée pour des brûlures du 2ème et 3ème degrés.
- Quand je quittai l’hôpital, je fus logée dans une maison protégée. J’ai gagné de poids et j’ai regagné confiance en les personnes.
- Je suis rentrée aux Philippines le 24/2/2007. Cependant, l’avocat de CLMC poursuit ma plainte (maltraitement, brûlures, non paiement de salaires et signature d’un reçu en langue Arabe, chez le notaire équivalent à 1000 USD.
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